Interview avec Antoine Vignault, Directeur Créatif @O Δ K

Antoine Vignault, directeur créatif, designer et alchimiste, inspiré par l’histoire, mythes et légendes antiques, géométrie sacrée, ainsi que par l’ingénierie, crée de magnifiques pièces de meubles d’excellence, édités en série limitée et numérotée. Dans cette interview Antoine nous parle de son chemin, de ses visions du monde de l’art contemporain et de la philosophie de ses créations, qui sont appréciées par des meilleurs connaisseurs et collectionneurs d’art au monde.

– Antoine, commençons par le début. Comment avez vous crée votre studio?

– J’ai eu la chance de m’occuper d’un département de mobilier sur mesure pendant douze ans où j’ai travaillé sur des projets de designers. C’était un univers qui faisait le lien entre la haute-couture et les arts décoratifs avec des passerelles depuis les différents univers. J’ai travaillé sur l’édition et sur les dessins que j’ai adapté, que je mettais au point et pour lesquelles j’ai fait la promotion et parfois le service après-vente. J’ai cherché ensuite à approfondir ces connaissances pour retrouver les sources d’inspiration de ces créateurs qui ont réussi à dégager une certaine forme d’épure de tous les styles qui les ont précédés. De mon coté je suis passionné par l’archéologie et l’Histoire et je prends énormément de plaisir à passer le temps dans les grands musées classiques type Louvre, Metropolitan Museum of Art ou British Museum dans lesquels de temps en temps au gré des allées je m’arrête sur certaines vitrines et je me dit : «Wow, cet objet est fascinant parce qu’il pourrait encore être aujourd’hui un magnifique détail ou bien un bijou contemporain». Je me dis que la modernité de cet objet est incroyable parce que, quand je regarde la date je vois 5000 Avant JC. Pendant 7000 ans cet objet, qui a été conçu comme un objet sacré, rare et précieux il y a si longtemps, a été préservé par des générations de collectionneurs parce qu’il possède un code universel de beauté qui est basé sur des proportions, des formes, et sur la manière dont la lumière joue avec. J’ai une très bonne connaissance des arts décoratifs et des ateliers d’art, et je sais où trouver les gens capables de fabriquer une belle pièce. Ainsi j’essaye de créer des objets, des pièces qui seront appréciés pas seulement dans les cinq aux dix prochaines années, mais au-delà par les gens qui continueront à apprécier ces codes, ces proportions.

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PLEIADES

– Quelles sont vos sources d’inspirations en dehors de l’archéologie?

– Je suis un éternel curieux, je me n’impose pas de barrières. J’aime bien apprendre. J’accumule de nombreux livres et de nouvelles connaissances mais de manière très diversifiée : philosophie, sciences, astronomie, architecture, parfois certaines recherches ésotériques… Ces domaines, entre autres, m’inspirent et me fascinent.

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SIRIUS

– Quand on rentre sur votre site, première chose qu’on voit c’est une citation d’Aristote : «The purpose of Art is to embody the secret essence of things, not copying their appearance.» . Comment reliez vous cette citation à vos créations ?

– En fait, j’essaye par la connaissance que je peux avoir des styles décoratifs, de l’Histoire et de l’architecture, d’en utiliser certains éléments fondamentaux pour créer des nouvelles pièces inédites, qui vont évoquer certaines notions, parler inconsciemment à des gens qui n’ont pas forcément cette culture, mais qui vont malgré tout reconnaitre des codes, qui font partie de la mémoire collective. Mais avec toujours une touche très contemporaine, quelque chose qui dans le traitement des matériaux, dans l’association de certaines formes, de certains détails va leur évoquer quelque chose de totalement nouveau. C’est cet équilibre subtil que j’essaye d’obtenir. Toujours cette balance entre des références et des éléments inhabituels. C’est un équilibre qui ne doit jamais être figé, mais toujours en évolution.

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BELLATRIX

 

– Et pour créer ces pièces, quelles matériaux vous utilisez? D’où viennent-ils?

– J’ai une prédilection pour les matériaux naturels. Par le passé j’ai eu l’occasion de travailler avec les matériaux synthétiques mais ils se fanent vite et après quelques années la restauration est impossible. Ils se dégradent, contrairement aux matériaux naturels qui se patinent, ou peuvent se restaurer mais dans tous les cas leur évolution est positive. Au bout de plusieurs années un bois peut se rapprocher d’un bronze, un cuir d’une pierre… Même chose pour un métal qui va changer de couleur, par la patine, va devenir presque minéral. Les pièces évoluent ; elles ne se dégradent pas mais se bonifient.

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OCTANT

– En dehors de l’art classique et primitif, qu’est ce que vous aimez dans l’art contemporain? 

– Dans l’art contemporain je cherche les éléments que j’aime accorder dans mon propre univers. C’est-à-dire que je vais être sensible à des références croisées, à des artistes qui ne vont pas se contenter de se placer dans la lignée des artistes précédents, mais qui vont essayer de créer des passerelles et un angle de vision différent des choses qu’on connait par coeur mais qui finalement paraissent complètement nouvelles et étonnantes. Ce n’est pas l’artiste qui va me plaire, mais l’oeuvre. Je sais qu’aujourd’hui notre société est très axé sur les marques. Moi, malgré la marque que j’ai avec mon studio, je n’a pas la vocation de mettre un nom en valeur. Je préfère mettre en valeur l’objet. J’estime qu’aujourd’hui la spéculation sur le marché de l’art peut valoriser une oeuvre comme majeure si l’artiste est célèbre même si l’oeuvre en question est inepte. Ce n’est pas normal. J’estime que l’oeil de l’esthète n’est pas le même que l’oeil du spéculateur. L’oeil du spéculateur va rester à la surface des choses, quand l’esthète va pénétrer l’essence même de l’oeuvre de manière pérenne. Il va ressentir sa véritable valeur indépendamment des modes et de l’époque. Par exemple je suis fasciné par mes amis antiquaires qui vont dénicher des objets pour quelques euros puis, en sortant ces oeuvres de leur contexte les vendre cent ou mille fois plus cher à des gens qui vont se battre parce qu’ils les trouvent exceptionnels. Souvenons-nous de Madeleine Castaing, un monstre sacré des arts décoratifs qui était capable d’acheter des pièces trois sous aux marchés aux puces et les vendre à prix d’or, voire même refuser de les vendre pour faire monter leur valeur. C’est plus fascinant que d’aller acheter des éditions industrielles d’artistes contemporains célèbres. Je suis pas certains que ces objets dans cent ans auront la valeur qu’ils ont aujourd’hui.

– Vos objets sont tellement uniques et on voit les efforts investis pour leur création. Est-ce qu’il y a des objets dont vous ne pouvez pas vous séparer? 

– Tous les pièces sont uniques, fabriquées à la main en très petite quantité, mais j’ai toujours un prototype que je garde pour moi. Cela me permet de ne pas subir cette frustration. L’idée est de pouvoir garder cette trace, ce lien. Je pense que la plupart des artistes sont attachés à leurs productions parce qu’elles sortent de leur esprit.

 

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RIGEL

– Vous pouvez décrire votre client standard, s’il existe? 

– C’est un peu difficile parce que je ne connais pas toujours le client final. La plupart de temps je passe par le biais des décorateurs. Eux, ils connaissent les clients, moi non. Mais ils ont en général une très bonne culture de l’histoire de l’art, ils ont cette capacité, cette compétence, très appréciable aujourd’hui, de savoir mixer les choses pour créer des décors exceptionnels.

– Vous vous  intéressez à beaucoup des choses : l’ingénierie, l’art, etc. Comment pouvez vous vous définir? 

– Peut être comme un alchimiste des temps modernes. J’aime l’idée d’être capable de combiner un domaine à l’autre sans forcement être un spécialiste, mais en ayant des compétences suffisantes et multiples qui vont permettre l’élaboration de solutions différentes et étonnantes.

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BETELGEUSE

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“I can be a real vagabond – always seeking, always doubting and never stopping” – Interview with Arne Quinze

 – Your sculptures can be characterised by a huge variety of materials, movements, shapes, graffiti-like traces and a big palette of colours. They invite the viewers to discover an endless and magic world. If you were to describe your artwork in three words, what would they be?

Let us make it two words: Natural Chaos.

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Arne Quinze, Natural Chaos, Washington DC

– When we met at the inauguration of your sculpture called «Je ne regrette rien» (“I don’t regret anything”), you said that this phrase has special meaning for you as a characteristic of your life. Can you tell us more about that?

With the stilt house “Je Ne Regrette Rien” for Château d’Arsac in Bordeaux, I have embraced all decisions made in my life. All the paths I have taken, good or bad. All the moments, painful or joyful. All these events made me the human being that I am today.

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Arne Quinze, Stilthouse Je Ne Regrette Rien, Château d’Arsac, Bordeaux

As an artist, I consider it my duty to attract attention to the ongoing violation of our nature and the endless neglecting of its diverse beauty. Just to think about the scale – since I was born, we, as humans, managed to destroy 1/3 of the world’s flora and fauna. This needs to stop!

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– Undoubtedly, one of the distinctive features of your artwork is that with the help of sculptures you can turn city spaces in exciting open-air museums. This is fantastic because it really blends borders between everyday life and art. How did you come to this ‘open-air museum’ concept for your art and what is your main message?

We often forget that public space belongs to everybody. This means that we are not making full use of what it can offer to us. If everyone becomes more aware of that, there would be more responsibility towards and care for our public space. Now we almost exclusively use this space as a pathway between private and work space. The social character has been lost and I think that is a real shame. Centuries ago our public spaces served an important role in our cities. For instance, markets were being held where people met multiple times per week to trade, to exchange information and talk to each other. Neighbors were sitting at their porch and got to know each other. Children ruled the streets and played together. Circuses came by and city fairs popped up spontaneously. Today we have lost interest in the public space. Everyone is staying inside, surrounded by four walls and behind computers. Public events are getting rarer and if you greet a stranger on the street you get stared at. Our streets made way for personal distance in the form of cars and envy. We no longer know our neighbors and are no longer aware of what is going on in the neighborhood. The social aspect has disappeared, taking away a very important part of our society: the social contact.

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Arne Quinze,  Passenger, Public Installation, Mons

I want to encourage people not to be afraid to take steps into the unknown, to make mistakes, to learn from them and spark new ideas, as they will only make you stronger. Intelligent and diverse thinking will guide us towards a better society and a better future. We need to break through those gray barriers and encourage our cities again to diversify and unfold. Let us build our Cities as Open Air Museums.

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Arne Quinze, Passenger, Public Installation, Mons

This might indeed sound like an idealistic dream but I am nevertheless striving to realize it. Confronting the public by surrounding them with art every day. Art has a positive influence on people and their personal development – it broadens their horizons and makes them more tolerant towards differences in society.

– When I saw one of your sculptures for the first time, I thought that I looked at a real-life colourful 3D drawing. Does it come from your graffiti background? Is there a link?

Moving from working in 2D to 3D took a lot of time. In my eyes, the main element in my creative work was social interaction. For me, what was the most important was the reaction of people to the works I imposed on them. I remember how in the early 1990s, I received one of my first paid commissions. The owner of a discotheque asked me to paint his building. As he had given me very few instructions, I worked like crazy. I let my mad creativity flow and I projected an enormous amount of paint on the walls with the help of garden color sprays. In no time at all, I had repainted everything, from the floor to the ceiling – it was a chaos of colours and dripping paint. I thought the result was great up until the time the owner saw it. He was furious and I was promptly sacked.

He thought it did not look like anything. The following day professional painters came and repainted everything, they put one monotonous color on all the walls.

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Arne Quinze, Golden Natural Chaos

I quickly understood that if I truly wanted to change the urban landscape, I had to present my works better and leave illegality behind. I tried hard to convince the local municipal authorities to allow me to work legally, and I looked for partners who could really believe in me. I tried to see the bigger picture and to work in a more organised way. It was an enormous challenge which required several years of development. To start with, my ideas really did not interest anyone. But I never gave up, I continued the fight. Once I was able to start convincing people, I understood that creating works in three dimensions was the best way to help the spectator into my universe.

-You say that you dream is to create an ideal society where individuals live in balance with their environment. Where this ideal comes from? 

You probably would not think so, but I must admit that I am a real romantic. In both my private and professional life, I can be a real vagabond. I am always seeking, always doubting – I break things to rebuild them, and my brain never stops. Physically also, I never stop. I travel the world, I look for the elements, I visit cities. I flee from monotony and inhumane coldness.

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Arne Quinze, Uchronia, Public Installation, Nevada

In my opinion, the 1980s and 1990s were without doubt the worst period in terms of urban development. Even today, our cities still carry the scars from the introduction of cars into cities.  City squares are empty, the streets are glacial. As a romantic, I want to change all that. In cities, I want people to feel the changing seasons, to see nature in all its diversity, to be able to touch its shapes, and rediscover its palette of colours. That is what I want to see again in our cities.

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Arne Quinze, Rock Strangers, Public Installation, Oostende

 

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Arne Quinze, Camille, Public Installation, Rouen

– You support Fashion for Relief and collaborate with its spokeswoman Naomi Campbell. How did you become involved with them and why this initiative is important for you.

I support a lot of good causes, I think it is my obligation. Fashion For Relief, Human Rights Watch, Sea Shepherd, SOS Children’s Villages are all very close to my heart. I have seen what these organisations are able to do around the world and they are really a necessity.

© Zhamila Tampayeva

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Arne Quinze, Donated artwork to Fashion For Relief

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Unpretentious contemporary art and art scene in Zurich: interview with Carmela Tafaro of *artemporary

Our guest today is a Zurich-based art blogger Carmela Tafaro. One of the most passionate people when it comes to art whom I’ve ever met, Carmela talks changing careers, her (fast growing) baby *artemporary, art scene in London vs Zurich and shares her advice for art lovers on what to check out in Zurich.

– Carmela, let’s start from the very beginning… As I know you have made a switch from the finance industry to art. How did it happen? Have you always been passionate about art?

– Yes indeed. I grew up surrounded by beauty in a wonderful town in South-East Sicily, a UNESCO heritage site. The passion for history of art came later, during high school. But there was a moment, when I was studying at Bocconi University that I met this extraordinary lecturer, Angela Vettese, who made me fall in love with Contemporary Art. Since taking her course “Visual Art”, I have pretty much beenaddicted to it ever since.

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–  Does your financial background help you in art business? There are many successful stories of financiers-turned-art people. Jeff Koons is probably is the most extreme, there are many people with financial background at top positions in auction houses, for example.

– A financial background is very helpful in any type of situation, especially when you own a business – like an art gallery. However, there is only one factor that truly makes a difference in the art world: your connections.

–  After moving back to Zurich (Carmela lived for a year in London, studying for a master’s degree at Christie’s Education), how would you compare the art scenes of both cities? What are the differences, apart from London’s size and number of events indeed?

– Zurich‘s art scene is extremely lively and diversified. You can find there a very nice mixture of high and low art, blue chip galleries and independent art spaces. Every day there are at least two to six openings plus talks, guided tours, and more. The size of the city allows one to move around quickly and to hop from one vernissage to another smoothly. This cannot be achieved in London, as the size of the city and the overwhelming amount of cultural events occurring in one evening, simply don’t allow you to see all you want. On the other side, London hosts major art events like Frieze and Frieze Masters, and all the big global players have their presence in the city, which makes the quality of the offer outstanding. However, in London I would have never had the opportunity to even see – for example –  Rodney Graham or Anna Maria Maiolino during an opening, whereas in Zurich I alway have the chance to take a picture, shake hands and have a little chat with the artist. This is priceless.

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– Please tell us about your main project, Artemporary. How did you come up with the idea?

– I founded *artemporary in March 2013 simply as a way to be more connected with art. Back then, I purely saw it as a way to share all the awesome shows and exhibitions I was visiting, both in Zurich and abroad. I didn’t really have a post format or a posting schedule, I was simply writing and publishing whenever I could. At that time I was still working in finance and had an extremely intense working life, which meant less time for the blog. It was only after a couple of years that I realised how happy writing about art was making me and started giving it more serious thoughts. Things were also changing in ways I didn’t even consider possible before, being a “blogger” became a thing and people could make money simply by posting pictures on social media. This has become, in turn, a job for quite a few people out there, so I thought it would be a good time for me to give my hobby a serious try. In 2015 I quit my finance job and went to London to attend a master in history of modern and contemporary art. I felt it was important for me as art blogger to have that and learning about art was such an incredible intellectual journey!

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Today, *artemporary has a defined format: it has become a platform where art-lovers and art-curious people can find inspiration and learn about new artist, plan a weekend using my art guides or simply find tips related to the art-pro world. Plus, Tuesday is always posting day.

–  Are you focussing mainly on Zurich in your blog? I can see you covered Milan and Paris too, do you have plans to expand your geography?

Travelling is my second biggest passion after art. The fact that the blog focuses on Zurich is simply due to the fact that I live and work there, but my goal is to make *artemporary a global art platform, covering all the main art fairs and events around the world.

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– How do you choose subjects for your posts and which events to attend and cover?

–  My general rule is to cover what I like and what I think is most relevant for my readers. Then I also have collaborations, so I cover events people are paying me to attend and write about.

– You do meet many Zurich-based artists. Who is your favourite, whose art excites you the most at the moment?

–  Zurich-based artist Martina von Meyerburg would be my art-crush at the moment. Her show “Of Tea Pots and Other Matters” at Katz Contemporary two months ago blew my mind.

– What are top-3 cool arty things to see in Zurich right now?

–  Speedy Graphito at Kolly Gallery; Stefan Brüggemann at Hauser&Wirth; Liam Gillick at Eva Presenhuber.

– What would a must-see art itinerary for someone who is visiting Zurich for the first time include?

– Start from the Landesmuseum (in front of the main train station) to discover Switzerland and its culture and walk towards the trendy Viadukt area to hit some of the coolest galleries and museums in the city: Bolte Lang, Grieder Contemporary, Eva Presenhuber, Gregor Steiger, Francesca Pia, Hauser&Wirth, Kunsthalle Zurich, Migros Museum für Gegenwartkunst, and many more.

*artemporary has been included in Top 50 Contemporary Art Blogs 2016. To check out art guides, reviews and interviews or to sign up for a newsletter, follow this link : https://artemporary.ch

© Zhamila Tampayeva

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Sholpan Sharbakova: Music in colours

Sholpan whom we are going to talk with today is no doubt an outstanding personality. She is a professional musician (she performed in the Oscar Wilde’s ‘Star child’ interpretation along with Dina Korzun), acclaimed artist (was represented at the 56th Venice Biennale and Art15) and a popular designer (she produces hand bags under Shola Miller brand). Sholpan tells La Bohème about her artistic and charity projects.

– I should admit that this interview is very special to me. Firstly, you have talent for both music and fine arts, and have been exceptionally successful in both areas. Secondly, we both come from a far-away town of Aktobe in Kazakhstan and happened to meet in London. Can you please outline your creative path? Had you started as a musician and have then decided to try yourself as as artist and a designer? 

– For me creative path means lots of work and constance search of yourself and your voice in the art. It has started with my parents taking me to the musical school in my native Aktobe and then it developed really fast as if I have been following a scenario written by someone for my life. After Aktobe, I then moved to Almaty to study in Baiseitova music school, then to Moscow to attend Gnessin Academy of music followed by doctoral studies in the Royal College of Music in London. Music is a big part of me, it inspires and renews me, makes me a better person.

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Sholpan Sharbakova, Sounds, Mixed Media Collage on Canvas, 30cm x 30 cm, London 2009

– What does your musical background bring to painting? Would you say that music and painting are inseparable for you?

– Absolutely! I came to painting from music because I have been imagining music in colours since I was a kid. I could ‘hear’ music in colours where each tonality is a colour palette. Perhaps this sounds strange but this is how it is for me. That is why you would find many bright tomes and halftones in my paintings. My paintings have their beat and rhythm. Music has opened to me an astonishing world where I can think in images, see in colours and feel with my heart.

– For many artists their surroundings bring much influence on their artwork (think England-based vs California-based Hockney). What does London mean for you as an artist? 

– Surrounding environment does have impact on the person, however, I believe that every artist lives in his own world which does not depend on his actual geographical location. For me London is the capital of this country and place where I live, not a destination. We, Kazakhs, are nomads after all.

– I have heard many times from artists that London is a very competitive place and it proves to be difficult to achieve recognition. Would you agree with that? What tips would you give to someone who is starting his artistic career in London?

– Recognition should be pursued by politicians and pop stars. I don’t strive for recognition, I just believe that you should love what you do and do what you love.

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Sholpan Sharbakova, Alter Ego Series, Mixed Media on Canvas Board, 20cm x 20cm, London 2015

– Can you tell us about your designer project? What it is like for an artist, to step into commercial world? Are you going to continue to produce bags? Other accessories perhaps?

– I’ve started my own brand Shola Miller one and half a year ago after I went to study at Central Saint Martins. It is a bright, daring and cool project which helps me to express my wild designer ideas. I have created three collections so far and am working on the fourth. It would be interesting, trust me!

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–  It is obvious that helping others is very important for you. How did you start your charitable projects?

– I believe that this should be a norm for every single person. There is nothing outstanding in this, we should just help others when we can and do it wholeheartedly.

– The past had been a very eventful and busy one for you, including ‘Star Child’ performance in London. What Shola Sharbakova-Miller has planned for us in this year?

– I have some colossal plans and you will surely hear about them soon! 😉

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Ak Zhol Installation, Special Project Installation for ARTBATFEST 2014, Mixed Media on Canvas, 10 meters – 20 meters, Almaty, Kazakhstan

© Zhamila Tampayeva

 

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Шолпан Шарбакова : « Я с детства слышала музыку в цвете… »

Шолпан Шарбакова – профессиональный музыкант, современный художник, дизайнер собственного бренда аксессуаров Shola Miller. В числе ее заслуг участие в международных художественных выставках, таких как 56-е Венецианское биеннале и ART 15, а также активная работа над благотворительными проектами. Сегодня мы поговорим о творческом пути Шолпан и ее проектах.

Шолпан, я должна вам признаться, это интервью для меня очень особенное. Во-первых, очевидно, что вы Художник с большой буквы и в очень широком понимании этого слова, поскольку вы в своем творчестве используете самые различные ресурсы и успешны в разных стезях. Во-вторых, оказалось, что мы с вами землячки и будучи из далекого Актюбинска, судьба свела нас в Лондоне. Я уверена, что многие знакомы с вашим творческим путем, но мы могли бы вы его обрисовать вкратце для читателей блога? Вы состоялись как пианист, и теперь также реализуете себя как художник и дизайнер?

– Жамила, добрый день!

Творческий путь для меня –  это прежде всего большой труд и постоянное искание себя, своего голоса в искусстве.

Конечно, начало всему было положено ещё в детстве, когда мне было четыре года и родители отвели меня в музыкальную школу, в родном городе Актюбинске. Дальше всё развивалось стремительным образом как по мною написанному сценарию. Переезд в Алма-Ату, где я училась в Байсеитовской музыкальной школе, потом годы учёбы в Гнесинке в Москве, затем аспирантура в Королевской Академии Музыки в Лондоне. Музыка- это большая (ударение на первый слог) часть меня, она меня вдохновляет, обновляет, делает лучше.

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Sholpan Sharbakova, Sounds, Mixed Media Collage on Canvas, 30cm x 30cm, London 2009

– Расскажите, пожалуйста, какой взгляд на живопись дает вам ваш музыкальный бэкграунд? Могли бы вы сказать, что музыка и живопись в вашем творчестве неразрывны?

– Безусловно!  В живопись я пришла из музыки, так как с детства слышала/видела музыку в цвете. То есть, каждая тональность представлялась мне цветовой палитрой. Возможно это звучит странно, но так оно и есть. Поэтому в живописи я и использую много ярких тонов и полутонов. И в картинах у меня всегда присутствует метр и ритм (неотъемлемая часть музыкальной составляющей). Музыка открыла для меня удивительный мир, в котором я могу мыслить образами, видеть красками и чувствовать сердцем.

– Для большинства творческих людей окружающая их среда становится определяющей (хорошим примером может быть Дэвид Хокни, в работах которого четко прослеживается различие между творчеством в Англии и Калифорнии). Что для вас, как художника, значит Лондон?

– Среда обитания конечно же влияет на человека, хотя здесь есть одно НО. Художник живёт в своём мире, поэтому геотаг скорее всего не является определяющим аспектом. Для меня Лондон – это прежде всего, столица Великобритании, город в котором я живу, но это не конечный пункт моего назначения. Ведь мы, казахи, – по природе кочевники.

– Я не раз слышала от артистов и художников, что Лондон – очень конкурентная среда и достигнуть признания в нем сложно. Согласитесь ли вы с этим? Какие советы вы могли бы дать тем, кто начинает свой путь в этом мегаполисе? 

– Стремление к признанию, это удел политиков и поп звёзд. Я не стремлюсь к этому. Просто нужно любить то, что делаешь, и делать то, что любишь.

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Sholpan Sharbakova, Alter Ego Series, Mixed Media on Canvas Board, 20cm x 20cm, London 2015

– Расскажите, пожалуйста, о своем дизайнерском проекте. Каково творческому человеку оказаться в более коммерческой среде? Планируете ли вы продолжать создавать сумки? Возможно, другие аксессуары? 

– Полтора года назад я запустила свою линию аксессуаров Shola Miller, который я создала после учёбы в Сент Мартинс. Это такой смелый, классный и яркий проект, в котором я воплощаю свои безумные дизайнерские идеи. Уже были созданы три коллекции сумочек, все они лимитированны, сейчас работаю над четвертой. Будет очень интересно, обещаю!

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 Большую роль в вашей жизни и творчестве играет желание помогать обществу и благотворительность. Как вы пришли к этому?

– Мне кажется благотворительность должна стать неотъемлемой нормой для каждого человека. В этом нет ничего героического, просто нужно хотеть помогать и делать это от сердца.

– Прошлый год был очень насыщен для вас – большое количество проектов, включая “Звездного мальчика” (прим. спектакль). Что мы можем ожидать от Шолпан Шарбаковой-Миллер в этом году?

–  На этот год планы у нас грандиозные, и вы о них обязательно услышите!

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Ak Zhol Installation, Special Project Installation for ARTBATFEST 2014, Mixed Media on Canvas, 10 meters – 20 meters, Almaty, Kazakhstan

 

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Entretien avec Philippe Raoux, propriétaire viticulteur et collectionneur d’art contemporain.

En respirant un air cristallin et en marchant sur un sol mouillé, j’ai admiré la vue d’un immense vignoble. Il y avait du brouillard, le ciel était couvert de nuages qui rendaient le Château d’Arsac plus magique et mystérieux. On aurait dit que les sculptures, dont Philippe Raoux fait la collection depuis 20 ans, prennent vie… L’intérêt pour ces sculptures et la personnalité d’un créateur d’une image contemporaine de ce Château unique m’ont amené à Médoc.

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Photo : Jean-Pierre Muller

– Est-ce qu’il y avait quelque chose durant votre enfance qui a influencé vos goûts artistiques ?

– Non, simplement mon grand père qui était un peintre du dimanche, qui aimait beaucoup la musique classique, mais autrement rien n’a pu influencer mon goût pour les arts, sauf une visite en 1988 de la Fondation Peter Stuyvesant. Peter Stuyvesant a crée dans les années 1960 une Fondation qui avait pour but d’acheter chaque année des œuvres d’art contemporain, d’exposer ces œuvres devant les ouvriers de leurs usines pour provoquer chez eux une émotion permanente. Nos chais les intéressaient parce que c’était à la fois des lieux de l’histoire et de culture, mais aussi de travail. Donc on va faire les vendanges de 1989 avec de très belles œuvres d’art contemporain que la Fondation nous a laissées. On avait du Robert Indiana, du Vasarely, du Niki de Saint Phalle, du Karel Appel. Et quand on nous a repris ces œuvres, on était très tristes. Après les vendanges de 1989 on s’est dit qu’on n’a pas les moyens d’acheter des œuvres ici mais chaque année, chaque été on va organiser une exposition d’art contemporain. Et donc de 1990 à 1994 tous les étés, on a organisé des expositions d’art contemporain avec toujours le souci d’exposer des grands artistes. On a exposé Niki de Saint Phalle, beaucoup d’artistes du mouvement « support-surface », qui est un mouvement français des années 1960 : Viallat, Buraglio, Bernard Pagès.

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En 1994 la propriété est devenue rentable et on a cherché à donner une image à cette propriété puisque lorsqu’on l’a rachetée en 1886, elle était à l’abandon. Il n’y avait plus d’activité viticole. Certes, Arsac a une vieille histoire puisque c’est une propriété du XIIème siècle. A vécu ici, notamment,  Thomas de Montaigne, le frère de Michel de Montaigne et Étienne de La Boétie aussi, qui a écrit un très joli poème sur Arsac. C’est une propriété qui a eu des locataires très prestigieux et qui a eu une histoire en dents de scie en moment où la propriété avait été un lieu très important, puis elle était reprise etc. Nous, quand on l’a reprise, on l’a rachetée en 1986 à la famille flamande qui avait des entreprises d’aviculture. À la place des vignes qu’on voit aujourd’hui, il y avait beaucoup de volailles et plus de vignes. Il a fallu tout refaire. La propriétaire n’avait pas d’image et vous savez qu’à Bordeaux l’image est très importante. Le château qui est sur l’étiquette donne une dimension à l’étiquette. Donc, l’installation d’œuvres d’art dans les vignobles était intéressante parce que, d’une part elle donnait une image assez originale de Bordeaux, et puis elle faisait vivre ce Château puisque chacune des sculptures qu’on installe sur la propriété constitue en fait le prolongement de l’architecture du Château. C’est la mise à jour annuelle du logiciel du Château. 

– Y a-t-il des critères particulièrs pourquoi pour lesquels vous choisissez telle ou telle oeuvre?

– C’est des coups de cœur, comme une jolie fille. Ce sont des coups de cœur et finalement on trouve dans au moins le quart des sculptures qu’on a acheté, on justifie la présence de l’achat à postériori c’est-à dire une fois que la sculpture est installée, on dit: « Tient, évidemment, elle doit être là et elle ne peut pas être ailleurs. ». Il y a une espèce d’évidence. Mais autrement non, ce sont les achats de coups de cœur. 

– Et il y a des sculptures particulières que vous aimez le plus? 

– Oui, à la fois pour ce qu’elles sont en tant que sculptures, mais aussi parce que chaque sculpture a une histoire : une histoire avec l’artiste ou avec ma famille. Par exemple, la cabane que vous voyez là, j’ai acheté cette sculpture parce que lorsqu’on est arrivés d’Algérie, le week-end en famille, on savait pas où aller et mon père avait eu une petite propriété dans les Sauternes. Il avait que les vignes, mais pas de château. Alors le week-end on est allés faire des pique-niques dans les vignes. Et quand il ferait froid et il pleuvrait, on s’abritait dans une petite cabane viticole. Quand on a proposé cette sculpture-cabane, cela m’a rappelé ce temps là, quand on est arrivés et j’avais 10 ans, et les pique-niques qu’on a faits dans les vignes. Vous voyez…

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– Oui, il y a une histoire avec chaque œuvre.

– Oui, et il y a des histoires avec les artistes. Par exemple, La Diagonale de Bernard Venet. Il était venu ici pour prendre les mesures et puis faire une sculpture dans son atelier. Quand une sculpture est arrivée, je viens inviter les amis pour le montage parce que c’était compliqué – cela faisait une mesure de 30 mètres et il pèse plus de 8 tonnes je crois. Il fallait l’emboîter, une sculpture comme ça. Comme elle était très haute, on avait déjà fait un petit appui contre le château. On a laissé également un trou de 2m dans le sol pour que la sculpture s’enfonce. Dans toute la journée on installe la sculpture et une fois qu’elle est montée, on va tous de l’autre coté de l’eau pour voir et elle était plus basse que le paratonnerre. L’artiste n’était pas content. Il nous a obligé à remonter la sculpture, à boucher le trou de 1m pour que la sculpture soit presque à la même hauteur que le paratonnerre. Vous voyez… c’est une autre histoire. Dans la sculpture, il y a une photo de chacun des membres de ma famille, dans une boîte avec un petit mot de l’artiste. Chaque œuvre a toujours sa petite histoire. 

– C’est très intéressant… mais pourquoi vous avez choisi ce Bleu Klein pour une couleur des parties de Château? 

– C’est un choix historique. Quand on a repris la propriété, c’était bleu aussi. Les propriétaires à l’époque peignaient les murs des chais avec de sulfate de cuivre qui était un traitement contre les champignons de la vigne, un traitement anti-cryptogamique. Le sulfate de cuivre il est bleu et donc ils peignaient comme ça les murs. Et quand on a retrouvé la propriété, c’était plutôt beau jean délavé, mais on l’a ravivé. Ça va dans le sens de donner une vie à un château. 

– Est-ce que, selon vous, il y a lien entre le vin et l’art?

– Alors… grande question. Vous savez que la notion de «l’artiste» est récente. Elle date du XVII -XVIII siècle. Parce que avant les artistes ne signaient pas des œuvres, c’était des collectifs. Une fois il y avait un journaliste qui est venu et il m’a dit : est-ce que faire du vin c’est faire de l’art? – Oui et non. Pour moi tout objet, toute création est artistique où l’homme et la femme s’est totalement investie. Un livre c’est une œuvre d’art parce que c’est écrit par l’artiste de A à Z, à l’inverse vous avez dans une grande case coopérative où on fait du vin, mais c’est pas de l’art parce que il y a beaucoup des personnes qui sont intervenues, c’est industriel. Faire du vin c’est faire de l’artisanat. Or, faire de l’art, c’est que l’impact humain soit présent à chaque moment de l’élaboration du vin, de la vigne à la bouteille – ça c’est de l’art. Maintenant, si vous faites tout à la machine, si il n’y a pas d’intervention permanente de l’homme ou de la femme, c’est pas de l’art. 

– Mais est ce qu’il y a par exemple un lien entre la perception du bon vin et d’une bonne œuvre d’art?

– Oui, parce que le bon vin c’est un retour dans votre système, on s’active la satisfaction. De la même façon une œuvre d’art c’est une émotion. C’est votre cœur qui  bat plus vite, et puis un état de bien être que vous donne l’œuvre d’art, mais comme un verre de vin. Souvent, la consommation de grands vins, si on s’en souvient bien, pour moi est liée à un souvenir. J’ai bu une bouteille de tel vin avec une jolie femme en face de moi et on a passé une soirée délicieuse. C’est pour ça qu’on boit jamais du vin seul. C’est toujours lié à un moment. 

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– J’ai entendu, que c’est peut-être votre dernière sculpture que vous achetez?

– Oui, c’est une grande sculpture. Je serai obligé de vendre la propriété dans 5-6 ans. Moi, j’ai 64 ans. En principe je peux continuer, mais j’arrête. J’ai plusieurs enfants : trois fils. Je ne veux pas qu’ils travaillent tous les 3 à une propriété. Je préfère séparer la propriété et puis leur donner chacun une somme d’argent. Il y a le film «Va, vis, deviens» : c’est l’histoire d’une femme en Somalie, qui vit dans un village de réfugiés et qui a un petit fils. À un moment il y a un car qui passe pour prendre certains réfugiés et elle pousse son fils aller dans ce car. Il devient un médecin et visite le village de son enfance 30 ans plus tard … Il faut que les enfants vivent leurs vies comme ils veulent.

– Et vous laissez des sculptures ici? 

– Ah oui, elles font  partie de la propriété.

– Oui, c’est comme un organisme qui marche tout ensemble. Et la dernière question : Est-ce qu’il y a une sculpture que vous vraiment désirez? 

-Ah, c’est L’ homme qui mesure les nuages de Jan Fabre. Au moment où je vends la propriété, je pars avec. C’est ma préférée. J’aime beaucoup le symbole de faire les plans dans le ciel, de mesurer le vide. C’est l’utopie. C’est ce qui permet de vivre : toujours avoir des projets. 

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© Zhamila Tampayeva

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Interview with Laura Harris, Recruitment Officer at Christie’s Education

Having sat in Comptoir Cuisine with a beautiful view over Opera of Bordeaux, Laura and I enjoyed wonderful French cuisine with a glass of good white (Bordeaux obviously) and talked art, lifestyle and life in general. I first met Laura at Christie’s New York, where I attended a lecture about Christie’s Education. Laura recruits postgraduate students for Christie’s art education division and is also my first guest at La Bohème. In this interview she tells us about her exciting job and travels, traditional and emerging art markets, and what it takes to be a good professional in the art business.

– Laura can you please tell me a bit about yourself?

Yes, sure. I studied Fine Art originally and then I completed an MSc in Management with Creative Industries at the University of London in 2013. I work for major auction house Christie’s and I actually specifically work for Christie’s Education in London. My job involves traveling extensively around the world. I meet students and art professionals, run events and raise awareness as to master’s programmes in London, New York and Hong Kong.

– That sounds great! What is the most exciting part of your job? 

It is a very interesting question! It has to be the people that I meet. I meet a lot of international people who I engage with but also on a personal level I am very interested in seeing new art. We were just talking about emerging artists and also mid-level to top-level career artists and the art they are making. So the connections that I make and the networks that I make are absolutely essential to the job that I do. I mean, for example, how we met today and are having this conversation this evening. It was totally spontaneous. It is really exciting part of the job, to engage with new people, talk about new concepts on an intellectual level and then also develop those ideas. I also devise new events in new countries, for example, in May I am going to Lisbon for the first time, having connected with Christie’s representatives there. It is really exciting working with the networks that Christie’s have and also my personal connections over the last few years. In general, engaging with fine art and visual culture. 

-You meet a lot of people various countries and observing all the trends in these countries, which art market of which country is the most advanced? 

Hm, you do have very sophisticated art markets in London, New York and Hong Kong. I think those are the predominant ones. Hong Kong is at the top of finance world and I think there is still untapped potential there and in China more widely. It would be interesting to see what happens there in the future. Maybe people there do not think about buying art yet, but they have the money. 

– What do you personally think of currents art trends? 

Oh, that is a very big question. Personally I think that money has for quite some time been moving East. So personally, I am very interested in emerging art markets and also transitional economies and the art markets that surround those economies so, for example, recently I visited Hong Kong. I am very interested in Asian art and artists from those regions so that is of personal interest to me. There is a very well-established art market in the West: predominantly in the North America and in the UK and certain locations in Europe, for example, Paris, Berlin and so on. So it is about moving towards the future and continuing to develop with ties between East and West. Hopefully the art market will encourage to forge ties between East and West in these times of political turmoil, and encourage trade and the art markets to flourish between the two regions.

– Are there still many opportunities for students studying art market? 

Yes, absolutely. The Creative Industries is one of the fastest growing economies in the UK and I do think is has longevity. During times of conservatism and retraction in terms of an economic landscape, artists can be actually produce some particularly interesting work. It will be interesting to see what will happen in the next few years, especially in art market centres like New York, London and Hong Kong. It could be a very exciting and positive time for the production of art. Hopefully we will see a reflection in terms of the work that artists are producing and there are some very important art platforms. Obviously the biennales, the art fairs and also in the non-for-profit sector have some very interesting projects that will really expose new artists to new collectors, art professionals and academics as well. 

-What qualities do you need to have to get into a Christie’s educational programme and to become a good professional after?

Sure. So two different questions. One concerning potential students – I think that passion is important. Someone who wants to work in the art market or work in the sphere of art, whether it is art history orientated or art investment, really needs to have passion for the subject, as well as academic credentials. 

What skills might students need to move into the art market?

To be honest, I think it is down to the individual. So, having a very strong CV, and having some kind of work experience is also important, so we actually have a work experience component built into all of our master’s programmes at Christie’s. Even if the student is not studying at Christie’s, I think it is important just to be aware of what is happening in the art market, to attend as many art fairs and museum exhibitions as possible. It does not have to be on a national level, it could be visiting the local museums or local art festivals. Equally, it does not have to be a fine arts experience, it might be, as we mentioned earlier, festivals and just engaging with arts. For example, a local circus or engaging with dance so just getting out there, seeing performers and making an effort to go to those performances or art fairs, especially for younger students.

-And the last question is… I have heard a lot about making career in art world and that it is very difficult to start the career without good connections. Is it true? 

Well, ha-ha. That is very interesting question. It is not impossible. A good start is to take an arts degree. It certainly opens doors and has led directly to my own art world career, as I don’t have family art connections. 

Connections don’t have to start only from being in a large city. I moved to London as an adult and I think it is really important for young adults to go to local exhibitions, connect with artists, and visit studios. And then the networks will develop later on in life, depending which circles you move in. You never quite know where the life will take you but take the time to make and grow your social network, meet these people, and say “yes, I will have a lunch or coffee with you”. It’s important, especially in the age of digital media, scrolling on Instagram, Facebook etc. Confidence and networks have to be learned and created, it can take many years. It’s important to take the time to actually meet people face-to-face and have real life conversations. That is how you learn and develop networks with important art world players. It might seem old-fashioned but it works. 

© Zhamila Tampayeva

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